vendredi 22 avril 2011

Lui

Lui: "

Il déferlât chez moi aussi soudainement que ne se lève le vent d'été. Il y avait d'abord eu ce bref coup de fil impromptu : 'Salut je suis dans le coin, je peux passer ?', puis ce coup de sonnette qui retentit dans le silence du matin. Et presque aussitôt après il était là.
A peine avais-je entr'ouvert la porte qu'il entrait, drainant dans son sillage sa tourbillonnante fraîcheur, m'enserrait dans ses bras d'une chaleureuse et virile accolade, et m'embrassait sur les joues. Le temps que je referme le verrou derrière lui, il avait déjà pris place dans le canapé, défait ses chaussures et allongé une jambe sur la table basse encombrée de livres à moitié lus. Je préparais une théière à la hâte tout en écoutant le flot continu de paroles qui emplissait soudain l'appartement d'ordinaire si calme. Sans que je ne lui eusse rien demandé il se mit à me raconter avec toute la naïveté de grand gamin que je lui connaissais son dernier voyage en Angleterre, son stage dans cette association dont il croyait m'avoir parlé le mois passé, ses amours vacantes, ses amis... Chaque phrase était articulée avec nonchalance, juste assez pour qu'elle fut comprise, et se terminait invariablement par un accent mélodique descendant qui trahissait des origines à peine voilées. J'ai toujours aimé sa voix, très calme même lorsqu'elle s'animait, grave, intense et douce, pleine de candeur et paradoxalement assez peu timbrée quoique sonore.

M'asseyant à ses côtés je nous servis à chacun une tasse de thé brûlant dont l'odeur tannique envahit aussitôt la pièce. Il but une première gorgée bruyamment, esquissât une légère grimace sous le coup de la chaleur, et reposa sa tasse avant de se pencher et d'ajouter deux cuillerées de sucre. Je l'observais dans la clarté du matin, le trouvais minci, un peu plus mûr aussi. Volubile, il m'assaillait de questions auxquelles il me laissait à peine le temps de répondre. Il n'avait pas changé. Je contemplais son visage, son sourire, l'épaisseur sensuelle de ses lèvres, la façon si particulière qu'il avait de s'asseoir en tailleur, la présence incroyable qu'il dégageait. Et son regard faussement juvénile toujours empli de cette malice propre aux esprits vifs, me rappelait combien avaient été délicieux tout ces moments que jadis nous passâmes ensemble.

Mais regardant soudain l'heure affichée par son téléphone il se lève précipitamment, m'embrasse, un dernier sourire, un dernier regard à travers l'embrasure de la porte qui se referme. 'Au revoir'. Et soudain le silence.
Il est reparti aussi subitement qu'il n'était arrivé quelques instants plus tôt, telle une bourrasque paisible, ne laissant derrière lui que des éclats de joie parsemant l'atmosphère enivrée de soleil ; son odeur, et cette tasse à moitié vide sur la table basse.



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Créer des personnages crédibles

Créer des personnages crédibles: "

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La création de protagonistes complexes peut être longue. Il faut passer du temps à penser à leur apparence, à leur origine et à leurs motivations par exemple. Les questions ci-dessous donnent un cadre à l’élaboration de ce processus de réflexion de la plus haute importance. Bien qu’il ne soit pas nécessaire que le lecteur connaisse tous les détails, il est important que vous vous les sachiez. Mieux vous connaîtrez votre personnage, plus votre histoire ou votre roman sera réaliste.



1. Où votre personnage vit-il ?

Michel Adams, auteur d’Anniversaires sanglants et professeur de littérature, pense que le cadre est l’élément le plus important d’une histoire. De bien des façons, il est vrai qu’un personnage, voire une histoire, sort d’un cadre originel. Dans quel pays votre personnage vit-il ? Dans quelle région ? Vit-il seul ou en famille ? Dans un village de mobile-homes ou est-il propriétaire ? Comment en est-il arrivé à s’établir là ? Qu’est-ce qu’il pense de sa situation ?



2. D’où vient votre personnage ?

Demandez-vous également : Où la vie de votre personnage a-t-elle commencée ? A-t-il grandi en courant dans les bois d’une petite ville du Sud ou en apprenant à conjuguer des verbes latins dans une pension de Londres ? Évidemment cela influencera plusieurs éléments tels que les gens que votre personnage connaît, le vocabulaire qu’il utilise pour communiquer avec eux et la façon dont il perçoit diverses choses du monde extérieur.



3. Quel âge a votre personnage ?

Bien que cette question semble évidente, il est important que vous preniez une décision claire à ce sujet avant de commencer à écrire ; autrement, il sera impossible d’obtenir des détails appropriés. Par exemple, votre personnage aura-il un téléphone portable, une ligne fixe ou tous les deux ? Votre personnage boit-il des martinis ou de la bière bon marché ? Reçoit-il toujours de l’argent de ses parents se soucie-t-il de ce qui leur arrivera quand ils seront âgés ?



4. Comment appelle-t-on votre personnage ?

Une rose portant un autre nom sentirait-elle toujours aussi bon* ? D’après le romancier Elinor Lipman, il n’en est rien : « Les noms ont un sens second et une identité. Si vos personnages principaux s’appellent Kaplan, vous aurez un roman juif et si votre héros s’appelle Smedley Winthrop III, vous lui donnerez un fonds fiduciaire. Les données contribuent directement à créer un personnage ». Le nom de votre personnage fournit beaucoup d’informations, non seulement sur son appartenance ethnique, mais aussi sur son âge, son passé et sa classe sociale.



5. À quoi ressemble votre personnage ?

Votre personnage est-il assez grand pour voir au-dessus des têtes dans un bar empli ou pour remarquer la poussière sur le sommet du réfrigérateur de sa petite amie ? Est-il confronté à des problèmes de poids ou évite-il de se regarder dans le miroir ? Bien que vous n’ayez pas besoin d’avoir une image limpide de votre personnage dans la tête, des détails physiques aideront vos lecteurs à croire à votre protagoniste et vous aideront à imaginer comment votre personnage se déplace dans le monde.



6. Quel genre d’enfance a-t-il eu ?

Comme dans la réalité, beaucoup de choses de la personnalité de votre personnage seront déterminées par son passé. Ses parents ont-ils été heureux dans leur mariage ? A-t-il été élevé par une mère célibataire ? La façon dont votre personnage interagit avec les autres peut être influencée par son passé : Est-il sur la défensive ou confiant, stable ou déraciné ?



7. Quel métier fait votre personnage pour vivre ?

Comme pour les autres questions, la quantité d’informations dont vous aurez besoin dépendra en partie de l’intrigue, mais vous aurez besoin d’avoir une idée de la façon dont votre personnage gagne sa vie. Par exemple, un danseur regardera le monde très différemment d’un comptable, et un ouvrier du bâtiment utilisera un langage très différent des deux autres. La façon de penser de votre personnage concernant bien des choses (telles que l’argent et la famille) dépendra en partie de son choix de carrière.



8. Comment votre personnage réagit-il face aux conflits et aux changements ?

La plupart des histoires impliquent un certain nombre de conflits et de changements ; cela fait partie ce qui fait d’une histoire une histoire. Votre personnage est-il quelqu’un de passif ou d’actif ? Si quelqu’un l’affronte, changera-t-il de sujet ? Se dirigera-t-il vers le minibar ? Se défilera-t-il ou prendra-t-il sur lui ? Si quelqu’un l’insulte, est-il plus susceptible de s’emporter, de répliquer ou de s’excuser pour aller trouver quelqu’un à qui parler ?



9. Qui d’autre fait partie de la vie de votre personnage ?

La façon dont un protagoniste interagit avec les autres, les relations qu’il entretient, révèle sa personnalité. Ces relations sont autant de prétextes pour introduire des dialogues qui rompront les périodes d’énonciation et qui offriront une façon différente de fournir des informations nécessaires. Pensez au personnage qui serait le plus à même de vous aider à transmettre ces informations et au genre de gens qui peupleraient l’univers de votre héros de façon réaliste.



10. Quel est le but de votre personnage ? Quelles sont ses motivations dans cette histoire ou dans cette scène ?

Dans les histoires longues et les romans, vous devrez vous poser cette question à plusieurs reprises. Beaucoup d’actions de votre personnage résulteront de la rencontre entre ce qu’il essaie de réaliser et de sa personnalité, elle-même composée de tout ce que vous avez inventé en répondant aux questions ci-dessus. Quand vous aurez un doute sur la façon dont votre personnage devrait se comporter, demandez-vous ce que veut votre personnage de la situation et pensez aux réponses que vous avez données précédemment.



* N-d-T : Référence à la réplique affirmative que Shakespeare faire dire à Juliette « A rose by any other name would smell as sweet » dans sa pièce Roméo et Juliette.



Article de Ginny Wiehardt, journaliste et animatrice d’ateliers d’écriture, paru sur http://fictionwriting.about.com


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Créer des personnages non stéréotypés- Exo

Créer des personnages non stéréotypés- Exo: "

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Les exercices suivants ont pour objectif d’encourager l’auteur à penser de façon moins conventionnelle et stéréotypée à la manière dont les personnages fictifs agissent, et au fait que leurs motivations soient liées, ou non, à leur apparence et à leur environnement culturel. Le but final est de décourager les auteurs de faire confiance aux archétypes et aux stéréotypes pour développer un personnage.



Exercice 1.

Avec un ami, passez quelques minutes à observer des gens dans un endroit public. Choisissez une personne que vous voyez et écrivez une description physique détaillée de cette personne. Écrivez ensuite rapidement le passé de cette personne ; il s’agit de faire un bref résumé de sa formation, de sa vie personnelle et professionnelle, etc. Puis imaginez une situation intéressante dans laquelle la personne pourrait se trouver.

Pendant ce temps-là, votre ami devra faire la même chose avec une personne différente. Quand vous aurez fini, échangez les descriptions physiques ou le passé de ces personnes, puis écrivez une autre scène ou une nouvelle sur une situation intéressante dans laquelle cette personne pourrait se trouver en utilisant les éléments que vous avez désormais.

Votre perception de la façon dont un personnage pourrait se comporter a-t-elle changée consécutivement aux changements physiques et vestimentaires du personnage ?



Exercice 2.

Les opinions préconçues que nous avons sur nos propres personnages sont largement basées sur des conventions que nous tirons du contexte culturel, de l’époque, du moment ou de l’endroit, etc. dans lequel l’histoire se déroule.

Réécrivez une partie d’une nouvelle que vous avez écrite (juste une scène), en plaçant le récit soit dans un endroit différent, soit dans une autre culture et/ou à un autre moment, en vous basant sur ce que vous savez de cet endroit ou de cette époque. Bien sûr, ce ne sera pas toujours faisable si l’histoire originale dépendait lourdement d’un contexte historique/géographique.

Comment votre perception de vos personnages a-t-elle changée ? Qu’avez-vous appris d’eux ? Dans quelle mesure le récit original a-t-il survécu à la transposition ?



Article paru sur le site du Centre d’écriture de l’université de l’Iowa www.uiowa.edu

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Entretien avec un agent littéraire : Michael Kuciak d’AEI

Entretien avec un agent littéraire : Michael Kuciak d’AEI: "

écrire scénario scénariste



Atchity Entertainment International (AEI) est une agence artistique présente sur la côte Est et Ouest des Etats-Unis.




A noter : les conditions du marché décrites par Michael Kuciak, Senior Vice President of Development, s’applique uniquement au marché américain.




Quels types de scénarios recherchez-vous tout particulièrement ?




Des projets bien écrits, solides, sans fioritures, dans pratiquement tous les genres – en particulier les comédies et les thrillers – de scénaristes qui savent combiner expression personnelle et approche marché. A l’heure actuelle, les tragédies et les films d’horreur sont difficiles à vendre. Les choses changent bien sûr, mais les thrillers, les films d’action-thrillers, les comédies grand public et les films d’action-comédies [e.g. Rush Hour], sont nos priorités.




De quel type de scénarios en avez-vous assez de recevoir ?




Ils sont de quatre types :




1) Les scénarios génériques, les « me too » [terme marketing pour désigner les produits qui imitent très fortement un produit leader]. Ce sont des projets tellement inspirés d’œuvres existantes que l’on se demande si le scénariste n’a rien fait d’autre à part regarder une brochette de films et gribouiller des idées dans son coin. Etre inspiré, faire vibrer le public, c’est un sentiment unique. N’importe qui peut s’asseoir, regarder des films de zombies à la pelle et écrire un scénario de zombies. C’est du réchauffé. Toutes les œuvres d’art ont une signification propre, et le scénariste qui aurait passé plusieurs mois à écrire une histoire qui dit en substance « J’ai vu tous les films de Quentin Tarantino », c’est une perte de temps monstrueuse, à l’écriture et à la lecture. Tous les scénarios peuvent être des génériques, même ceux qui se présentent comme « indie » [film produit en marge des grands studios] et qui recyclent l’univers de Wes Anderson, de Kevin Smith ou des frères Coen.




2) A l’opposé, nous recevons beaucoup de scripts qui aboutissent à la même question : « Qui, avec un esprit logique, peut penser que cela peut être tourné en film ? ». Il est important en tant que scénariste de trouver votre propre style, afin d’éviter l’écueil en 1). Mais dans le même temps, les scénaristes doivent être au courant des films qui sont déjà sortis, des films en cours de développement et des films bientôt à l’affiche. C’est faire preuve de professionnalisme que de s’intéresser à l’industrie que vous souhaitez intégrer. D’une part, cela vous évite d’écrire un scénario « me too », involontairement ou non, et d’autre part, vous avez besoin de références pour savoir ce qui se fait beaucoup, un peu ou pas du tout. Nous disons régulièrement aux scénaristes d’écrire une histoire unique mais la réponse se traduit souvent par un mix de films qui aboutit à un bordel unique. C’est de la réflexion superficielle.




3) Des scénarios mal exécutés. Cela semble évident, mais malheureusement cela ne l’est pas : si vous voulez être considéré comme un scénariste professionnel, vous devez apprendre les bases, comme l’orthographe ou les structures grammaticales. Il n’y a pas de maîtresse qui va corriger vos fautes et vous donner une note mais si vous voulez être pris au sérieux, vous devez connaître le b-a-ba. Ne vous mentez pas en croyant que quelqu’un va prendre le temps de parcourir votre déchet en espérant trouver un diamant. Il va juste vous considérer comme paresseux et dépourvu de talent.




4) Les histoires qui ne disent pas la vérité. C’est la tâche première d’un scénariste que de dire la vérité. C’est la seule et unique méthode pour écrire des histoires sincères qui émeuvent le public. Vous pouvez raconter des histoires avec beaucoup de fantaisies mais au bout du compte, les histoires sont écrites par des êtres humains, à propos d’êtres humains, pour des êtres humains. A moins d’être capable de retransmettre fidèlement ce que les gens ressentent véritablement, vous ne faites que relayer des clichés de la télévision. Par exemple, Wall-E est une histoire beaucoup plus humaine que dans la majorité des scénarios que je lis…




Je dois également ajouter que le scénariste doit être passionné par l’histoire qu’il essaie de partager. A l’heure actuelle, je suis en train de lire un scénario de film d’action-comédie de quelqu’un qui n’a visiblement pas de passion pour ce genre. Il a écrit ce scénario uniquement parce que c’est un genre vendeur. Cela a l’effet inverse : le scénario le montre sous son jour le plus mauvais. La clé du succès est d’écrire des histoires uniques qui sont vendables et qui jaillissent de votre être en tant qu’humain et en tant qu’artiste.




Comment un scénariste non représenté peut attirer votre attention de manière positive ?




Il doit venir avec un concept bien ficelé, bien exécuté. Il doit aussi être détendu, amical et professionnel. Cette dernière remarque a son importance : beaucoup de scénaristes ont entendu des histoires sordides à propos d’Hollywood qu’ils viennent sur la défensive, prêts à se battre. C’est vraiment fatiguant de gérer ce genre de situations et cela ne pousse pas à approfondir les rapports.




Comment vos clients maintiennent le contact avec vous, sans tomber dans l’excès ?




Le mieux est de prendre des nouvelles et de demander ou d’informer de manière pertinente dans le même temps. Une nouvelle hebdomadaire du type « Je suis à la page x du scénario dont je t’ai parlé » avec un « En outre, as-tu des nouvelles de Lionsgate concernant le scénario qu’on leur a envoyé ? » seraient parfaits. L’email est mieux parce que je peux y accéder sans contrainte. Le problème d’un coup de fil, c’est que je dois arrêter tout ce que je faisais à côté afin d’être pleinement concentré.




Vous devez être enthousiaste et proactif dans votre carrière. Et les meilleurs moyens, c’est d’écrire, de prendre des notes, d’offrir des idées et de comprendre que 90% de votre succès vient de vous. A l’opposé, la meilleure façon de perdre son agent est de blâmer uniquement les autres. Si vos scénarios étaient faciles à vendre, vous ne seriez pas en train de vous interroger pourquoi vous n’êtes pas Mr. Hollywood.

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Les archives du London Times

Les archives du London Times: "

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The Times April 27, 1865




Le journal britannique London Times a mis à disposition du public ses archives allant de 1785 à 1985, soit plus de 20 millions d’articles, d’images et d’annonces. Les courriers de correspondance entre les rédacteurs et divers personnages, dont Thomas Hardy, la reine Victoria, Oscar Wilde et Charles Darwin, sont également accessibles. La partie « annonces », comprenant la rubrique naissance et nécrologie, est en soi une mine d’information sur le contexte social et politique de l’époque, que ce soit pendant la révolution française ou la guerre des Malouines.




L’aspect le plus intéressant de ces archives est sans doute le fait que l’information est délivrée de manière instantanée. Elles vous font vivre les événements tels qu’ils ont été ressentis au jour le jour.




Plus d’information sur http://archive.timesonline.co.uk/tol/archive

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Portrait de Romy Schneider

Portrait de Romy Schneider: "
écrire scénario scénariste


Romy Schneider, passante inoubliable, a traversé le cinéma comme un météore, y laissant une empreinte indélébile. Vingt-sept ans que s’est éteint ce regard où la gaieté finissait toujours par s’embuer de mélancolie. Comme Audrey Hepburn, Romy Schneider était le charme, la féminité et la grâce. C’est pourquoi elle nous a tant touchés, tant émus. Elle réunissait ce que la femme symbolise le mieux : la ferveur et la fragilité, l’opiniâtreté et la douceur, la tendresse et la docilité, la simplicité et la coquetterie, le courage et l’abandon. Elle était la femme parce qu’elle savait être toutes les femmes.



Rosemarie Magdalena Albach était née le 23 septembre 1938 à Vienne d’un père et d’une mère acteurs qui, absorbés par leur carrière respective, n’eurent guère de temps à lui consacrer. Ce sont de ses années les plus tendres que date son syndrome de l’abandon qui la poursuivra sa vie entière : Romy adulée, admirée, enviée, restera toujours cette petite fille sans enfance qui craignait qu’on ne l’aimât point, une sorte de crainte irrépressible que personne ne saura apaiser. La chance va cependant lui sourire de bonne heure. Alors qu’elle n’a que quatorze ans, elle fait de courtes apparitions dans des films, chaperonnée par sa mère Magda. Son minois ravissant, qui sait accrocher la lumière, plait au public, si bien qu’elle sera choisie quelques années plus tard pour interpréter le rôle de l’impératrice d’Autriche Elisabeth, dite Sissi, dans une trilogie qui connaîtra un incroyable succès international. Projetée dans un tourbillon frénétique de bals, d’interviews, de séances de photos, elle se laisse porter un moment par cette vie dorée qui lui apparaît bientôt futile. Il lui faut, sans tarder, prendre son destin en main et faire en sorte de s’évader d’un cinéma qui ne la satisfait plus. Le salut viendra avec Christine, une romance à crinoline qui lui donne pour partenaire Alain Delon. Sur cette jeune fille pétrie de convenances, le jeune chien fou aura une incontestable influence et l’aidera à s’extraire d’un milieu étroit et d’un cinéma dépassé. C’est grâce à Alain Delon qu’elle rencontre l’homme qui sera son Pygmalion : le cinéaste Luchino Visconti. Derrière la jeune fille de bonne famille, le maestro devine un vrai tempérament. Il décide alors de la mettre en scène dans Dommage qu’elle soit une putain. Terrifiée, elle relève le défi, prend des cours de diction et de français et finit par triompher et s’imposer comme une véritable comédienne. Romy Schneider est née.



La suite sera sa rupture avec Alain Delon et sa rencontre avec le metteur en scène Harry Meyer qui va la subjuguer par sa culture et son intelligence. Ensemble ils auront un fils David qui sera le point d’ancrage de cette jeune femme fragile. Car le couple bat de l’aile, Harry Meyer s’étant révélé un géant aux pieds d’argile, un être rongé par une névrose d’échec. Sur le plan cinématographique, Alain Delon l’appelle pour devenir sa partenaire dans le prochain film de Jacque Deray, La piscine. Ce film va révéler au public une actrice de trente ans au sommet de sa beauté et de son talent. La maternité a fait d’elle une femme épanouie, resplendissante et apparemment sûre d’elle. C’est grâce à ce long métrage que Claude Sautet découvre la vedette qu’il cherche et qu’il saura utiliser comme personne dans plusieurs de ses réalisations. Les choses de la vie, Max et les ferrailleurs, César et Rosalie installeront Romy Schneider au panthéon des actrices françaises et l’imposeront comme l’égérie radieuse des années 70. C’est encore Claude Sautet qui élaborera son personnage définitif : une femme libre, ou qui s’efforce de l’être, et en qui se reflète l’évolution des mœurs. Le moment fort de leur collaboration sera Une histoire simple, qui est, par ailleurs, l’œuvre la plus retorse de ce metteur en scène. C’est un récit sans intrigue réelle où la jeune femme sert de référence à des couples pris dans des tourments affectifs, aggravés de problèmes de statut social. L’actrice trouve là un rôle à sa mesure qui correspond à l’image que le public a d’elle : non celle d’une figure mythique comme Marilyn Monroe mais d’une femme qui évoque la beauté de la maturité et une familière liberté de comportement.



C’est probablement avec L’important, c’est d’aimer qu’elle ira le plus loin dans un univers crépusculaire qu’elle portait en elle. Elle incarne, sous la direction d’Andrzej Zulawski, une actrice sans envergure où s’exprime remarquablement sa solitude face à un monde déboussolé et sinistre. Elle tournera successivement avec Claude Chabrol, Robert Enrico et Francis Girod pour finalement retrouver le personnage de Sissi dans Le Crépuscule des dieux, sous la direction de Luchino Visconti, qui, plus soucieux de la réalité historique, transformera la suave Sissi en une grande dame volontaire et douloureuse.



Malheureusement, sa vie privée s’est peu à peu transformée en un conflit permanent où l’alcool joue un rôle maléfique. Aussi demande-t-elle le divorce. Après des années d’errance amoureuse, elle croit avoir trouvé le bonheur auprès de Daniel Biasini, qu’elle avait engagé comme secrétaire. Mais comme elle l’avoue elle-même : elle ne sut garder l’enfant en même temps que le père. Daniel et elle se sépareront peu après la naissance de Sarah. C’est alors que le suicide du père de David rompt son fragile équilibre. Assaillie de culpabilité, l’actrice renoue avec ses vieux démons et les barbituriques. Et de l’alcool, elle est tentée d’abuser… Puis survient la mort accidentelle de David qui se perfore l’artère fémorale en escaladant la grille du jardin de ses grands-parents à Saint-Germain-en-Laye. C’est le coup fatal. Elle tourne encore La passante du Sans-Souci avant de tirer sa révérence à l’âge de 43 ans, moins d’un an après la mort de David.







Armelle Barguillet Hauteloire

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vendredi 1 avril 2011

Fenelon - Sainte-Mondane

Fenelon - Sainte-Mondane: "

Biographie de Fenelon


 


1406'L'ennui, qui dévore les autres hommes au milieu même des délices, est inconnu à ceux qui savent s'occuper par quelque lecture. Heureux ceux qui aiment lire'.




Fénelon, né le 6 août 1651 au château de Fénelon à Sainte-Mondane, était issu d'une famille noble du Périgord, ancienne mais appauvrie. Plusieurs des ancêtres de Fénelon s'étaient occupés de politique, et sur plusieurs générations certains avaient servi comme évêques de Sarlat. Comme il était un cadet, le deuxième des quatorze enfants que son père, Pons de Salignac, comte de La Mothe-Fénelon, avait eu de deux mariages (dont trois enfants de son mariage avec Louise de La Cropte), il fut destiné de bonne heure à une carrière ecclésiastique.


Dans son enfance Fénelon reçut l'enseignement d'un tuteur au château de Fénelon, qui lui donna une solide connaissance du grec ancien et des classiques. En 1667, à l'âge de douze ans, on l'envoya à l'université de Cahors où il étudia la rhétorique et la philosophie. Quand le jeune homme exprima son attirance pour une carrière dans l'Église, son oncle, le marquis Antoine de Fénelon (un ami de Jean-Jacques Olier et de saint Vincent de Paul) l'envoya étudier au collège du Plessis, dont les étudiants en théologie recevaient le même enseignement que ceux de la Sorbonne. Il s'y lia avec Louis Antoine de Noailles, qui plus tard devint cardinal et archevêque de Paris. Fénelon montra un tel talent au collège du Plessis qu'il y prêcha avec succès dès l'âge de quinze ans.


Après avoir, à partir de 1672, étudié au séminaire Saint-Sulpice, également proche des jésuites et qu'il eut en tant que jeune prêtre attiré l’attention sur lui par de belles prédications, il fut nommé en 1678 par l'archevêque de Paris directeur de l’Institut des Nouvelles Catholiques, un internat parisien consacré à la rééducation de jeunes filles de bonne famille dont les parents, d’abord protestants, avaient été convertis au catholicisme.


Ses fonctions l'inspirèrent et dès 1681 il consigna son expérience pédagogique dans son Traité de l'éducation des filles (qui ne fut publié qu’en 1687). À la fin de 1685, après la révocation de l'Édit de Nantes de 1598, sur la recommandation de Bossuet, Louis XIV lui confia la direction d'une mission. Pendant ces années-là il faisait partie du cercle qui entourait Bossuet, le fougueux porte-parole de l’épiscopat français. En 1688 il fut présenté à Madame de Maintenon, épouse morganatique de Louis XIV. Celle-ci sympathisait à l’époque avec Madame Guyon, femme mystique et pieuse, et avec son quiétisme. Elle l’impressionna profondément quand ils firent connaissance .


Saint-Simon le décrit ainsi :
'Plus cocquet que toutes les femmes, mais en solide, et non a misères, sa passion étoit de plaire, et il avoit autant de soin de captiver les valets que les maîtres, et les plus petites gens que les personnages. Il avoit pour cela des talents faits exprès: une douceur, une insinuation, des grâces naturelles et qui couloient de source, un esprit facile, ingénieux, fleuri, agréable, dont il tenoit, pour ainsi dire, le robinet pour en verser la qualité et la quantité exactement convenable à chaque chose et à chaque personne; il se proportionnoit et se faisoit tout à tous. '


Dans l’été 1689, sur la proposition de Madame de Maintenon dont il était entre temps devenu le conseiller spirituel, il fut nommé précepteur du duc de Bourgogne, âgé de sept ans, petit-fils de Louis XIV et son éventuel héritier. Il sut enseigner à son élève toutes les vertus d'un chrétien et d'un prince, et lui inspira pour sa personne une affection qui ne se démentit jamais.


Il acquit ainsi une position influente à la cour et fut admis à l’Académie française (1693) comme les autres précepteurs princiers. Cependant, il fut écarté de l'éducation princière d'abord par un éloignement temporaire à l'archevêché de Cambrai (1695)avant d'être disgrâcié. Il fut alors nommé 'le Cygne de Cambrai'.


Pour son élève royal (qui cependant devait mourir en 1712 sans être devenu roi, pas plus que son père mort l’année précédente), Fénelon écrivit plusieurs œuvres amusantes et en même temps instructives : d'abord une suite de fables, les Aventures d'Astinoüs et les Dialogues des morts modernes, mais surtout, en 1694-1696, un roman éducatif d'aventures et de voyages Les Aventures de Télémaque, fils d'Ulysse.


Dans ce roman à la fois pseudo-historique et utopique, il conduit le jeune Télémaque, fils d’Ulysse, flanqué de son précepteur Mentor (manifestement le porte-parole de Fénelon) à travers différents États de l’Antiquité, qui la plupart du temps, par la faute des mauvais conseillers qui entourent les dirigeants, connaissent des problèmes semblables à ceux de la France des années 1690, plongée dans des guerres qui l’appauvrissent, problèmes qui cependant peuvent se résoudre (au moins dans le roman) grâce aux conseils de Mentor par le moyen d’une entente pacifique avec les voisins, de réformes économiques qui permettraient la croissance, et surtout de la promotion de l'agriculture et l’arrêt de la production d’objets de luxe.


Le plus grand adversaire de Fénelon à la cour fut Bossuet, qui l’avait d’abord soutenu. Déjà en 1694 il s’était opposé à lui dans l’affaire du quiétisme, querelle théologique, et en 1697 il avait essayé de le faire condamner par le Pape pour son Explication des maximes des saints sur la vie intérieure, où il prenait la défense de Madame Guyon (celle-ci avait fini par être presque considérée comme une ennemie publique, au point qu’elle avait été arrêtée en 1698).


Fénelon se soumit avec humilité et abjura publiquement ses erreurs. À partir de 1698 Télémaque commença à circuler à la cour sous forme de copies, et on y vit tout de suite une critique à peine voilée contre la manière autoritaire du gouvernement de Louis XIV, contre sa politique étrangère agressive et belliqueuse et contre sa politique économique mercantiliste, orientée vers l'exportation. Cet ouvrage, que Fénelon n'avait pas voulu rendre public, lui avait été soustrait par un domestique infidèle.


Au début de 1699, Fénelon perdit son poste de précepteur et quand, en avril, son Télémaque fut publié (d'abord anonymement et sans son autorisation), Louis XIV y vit une satire de son règne, arrêta l'impression et disgracia l'auteur : Fénelon fut banni de la cour.


Vers 1700, il habita alors quelque temps en Belgique dans une demeure, longtemps appelée 'la Belle Maison', se trouvant aux limites des communes de Pâturages et d’Eugies, puis il se retira dans son archevêché de Cambrai où, cessant toute activité en théologie et en politique, il essaya de se conduire de façon exemplaire, conformément aux enseignements de son personnage de Mentor (qui, dans le roman, n’était autre que Minerve alias Athéna, déesse de la Sagesse qui s’était ainsi déguisée). Retiré dans son diocèse, Fénelon ne s'occupa que du bonheur de ses fidèles; il prit soin lui-même de l'instruction religieuse du peuple et des enfants, et se fit universellement chérir par sa bienfaisance.


Pendant le cruel hiver de 1709, il se dépouilla de tout pour nourrir l'armée française qui campait près de lui. La réputation de ses vertus attira à Cambrai nombre d'étrangers de distinction, entre autres Andrew Michael Ramsay qu'il convertit et qui ne le quitta plus. Il mourut en 1715 à l'âge de 64 ans.


Un chapitre des mémoires de Saint-Simon est consacré à sa mort, en des termes plutôt élogieux.


Dans la France des XVIIIe et XIXe siècles, Télémaque fut un des livres pour les jeunes les plus lus (Aragon et Sartre l'avaient lu dans leur jeunesse). On le considère parfois comme un précurseur de l'esprit des Lumières.


On lui doit un assez grand nombre d'ouvrages, dont quelques-uns sont perdus, Louis XIV ayant fait brûler, à la mort du duc de Bourgogne, plusieurs de ses écrits qui se trouvaient dans les papiers du prince.




Sa demeure : le château de Sainte Mondane


 



1407Le château de Fénelon, situé sur les hauteurs de Sainte-Mondane d’où il surplombe toute la vallée de la Dordogne, allie élégance et puissance défensive et constitue assurément une étape obligée pour les amoureux de vieilles pierres et de meubles anciens ou tout simplement pour ceux qui cherchent un endroit apaisant.




Apaisant et paisible, le château de Fénelon l’est aujourd'hui, mais ça n’a pas toujours été le cas – la guerre de Cent Ans est passée par là : en 1360, conséquence du traité de Brétigny, les seigneurs de Fénelon, qui possédaient Sainte-Mondane et d’autres terres alentour depuis l’an mil, deviennent vassaux du roi d’Angleterre Edouard III. Peu de temps après, en 1375, les Français s’en emparent, mais il faut attendre 1445 pour que la seigneurie de Fénelon devienne la pleine propriété des Salignac. La Révolution transforme le château en métairie et on y élève des vers à soie. Ce n’est qu’au XIXe siècle que le calme revient lorsque les Maleville reprennent le château et le restaurent.


Cependant, ce qui distingue Fénelon des autres châteaux du Quercy ou du Périgord, ce n’est pas tant son histoire, commune à beaucoup, que son architecture originale. Tout d’abord signalons que l’endroit a été tôt fréquenté : en effet, le puits du château, d’une profondeur remarquable de 90 mètres, a été creusé dans le roc à l’époque mérovingienne (vers le VIIe siècle). Tout le château s’est ensuite bâti autour du puits de sorte qu’il occupe aujoud’hui la cour intérieure.




Le château lui-même est ceint de doubles remparts : une fois franchie la première muraille, garnie de larges créneaux et de meurtrières, l’assaillant se trouvait face à une deuxième enceinte qu’il devait entièrement contourner en s’exposant aux tirs ennemis (la porte d’accès est à l’opposé de celle du premier rempart). S’il parvenait à forcer le passage de la seconde enceinte, l’attaquant se trouvait au pied du château, plus découvert que jamais sur cette vaste esplanade, et devait à nouveau contourner les murs du château pour enfin se trouver face à l’escalier d’accès. On voit que la tâche n’était pas aisée.


Mais si le nom de Fénelon est célèbre aujourd’hui, c’est, plus encore qu’à cette double enceinte, grâce à la naissance de l’archevêque de Cambrai François de Salignac de la Mothe Fénelon ici-même en 1651, plus connu simplement sous son nom d’écrivain : Fénelon. La visite du château nous conduit donc à travers les appartements du grand homme ; toutefois seule sa chambre conserve ses meubles, chaque autre pièce illustrant la mode d’un siècle passé : antichambre aux boiseries d’époque Louis XIII et meublée Louis XIV (XVIIe siècle), chambre Louis XIV, salon Louis XV, une autre chambre Louis XVI (XVIIIe) et enfin une dernière au mobilier Empire avec pattes de lion et motifs égyptiens (début XIXe).


On verra aussi un cabinet de curiosités, petite pièce capharnaüm où s’entassent toutes sortes d’objets auxquels le propriétaire attribue des vertus légendaires : dent de géant, morceau du cheval de Troie, tapis de Pénélope, sabot de centaure, etc. Ces cabinets de curiosités ont connu une grande vogue aux XVIe et XVIIe siècles parmi les nobles et la bourgeoisie, et ce n’est qu’avec les Lumières que leur succès s’estompera.


Non moins curieuse est la chapelle, dont l’abside épouse une tour toute guerrière, et surtout dont la nef a été tronquée de manière à aménager une terrasse à l’étage supérieur : la beauté de la vue sur la vallée l’a emporté sur le souvenir du baptême de l’archevêque de Cambrai. Signalons encore la superbe salle d’armes (avec deux lourdes lances de joute, et moult couleuvrines, hallebardes et épées, dont une dont la garde seule pourrait servir de massue et une autre qui porte ciselée dans sa lame l’inscription fougueusement évangélique : 'Soli deo gloria', c’est-à-dire 'À dieu seul la gloire') ainsi que les magnifiques cuisines au superbe sol en pisé et à la belle cheminée en anse de panier, qui regorgent d’ustensiles traditionnels en étain et cuivre.


 


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écrire un récit

Fiche publiée dans Textes et méthodes 3e, Nathan 1999

A. l’intrigue
L’expérience personnelle se construit autour d’une intrigue, d’une transformation, ou tout au moins d’un évènement particulier. Le narrateur personnage subit une épreuve, franchit une étape, fait un apprentissage, et s’en trouve transformé.

B. les personnages
Il faut plusieurs personnages, nettement caractérisés, dans lesquels l’auteur peut s’incarner tour à tour. Le personnage principal peut avoir un confident. C’est le personnage à qui il s’affronte (l’adversaire) qui est le plus difficile à construire et à décrire.

C. les péripéties
Pour retenir l’attention, éveiller l’intérêt du lecteur, il est important de ménager un changement, d’imaginer une ou deux péripéties, des évènements forts, qui relancent l’intrigue.

D. les changements de point de vue
On peut se décentrer par rapport à son personnage principal. Le moyen le plus simple est de marquer deux époques différentes : l’époque des évènements et l’époque de l’écriture. Cette dernière permet d’apporter une autre vision sur la situation, des commentaires.

E. les dialogues
Pour que le texte soit vivant, il faut équilibrer la proportion des dialogues et du monologue intérieur, car le monologue intérieur n’exprime qu’un seul point de vue. Les dialogues permettent d’opposer des convictions.

F. la sincérité
La sincérité vécue est souvent trop intime pour être communiquée à un lecteur, ou en situation scolaire pour être noté. Écrire, a dit Louis Aragon, c’est mentir vrai, c’est-à-dire être capable d’inventer une histoire de toutes pièces, d’inventer des personnages imaginaires à partir de son expérience personnelle.
Écrire pour le lecteur ne demande pas d’être sincère ou non. Le lecteur n’a pas à se poser la question de savoir si votre expérience est vraie ou inventée : l’important est d’écrire un texte intéressant.
Vous êtes le scénariste qui la construit. 
Le pari est de construire une intrigue rigoureuse et de mener le suspens jusqu’à la fin. Donc, abandonnez tout de suite les idées de meurtres en série, de détails horribles, d’inondations d’hémoglobine. La meilleure histoire de la classe sera celle qui ne permettra la découverte du coupable que dans le dernier épisode ! 
Voici une suite d’éléments qui doivent obligatoirement figurer dans votre énigme. Seul (e) ou par groupes de trois élèves, vous allez l’inventer pas à pas. 

(D'après Louis Timbal-Duclaux, J'écris des nouvelles et des contes, © Écrire aujourd'hui, 1993, numéro spécial) 
Le crime
Qui a tué qui ? 
Pourquoi ? 
Où ? Quand ? Comment ? 
Choisissez la victime, le coupable, le mobile, les circonstances. 
Inventez dès maintenant une fausse piste : deux suspects possibles, dont le vrai coupable, deux mobiles, deux alibis. 

Pour vous inspirer, consultez les catalogues d’éditeurs spécialisés dans les collections policières. Les résumés des livres vous donneront des idées d’intrigues. 

Par exemple 
La malédiction du corbeau, Jean-Paul Nozière, Collection Je Bouquine, Bayard Presse. 
Maxime et son grand-père ont découvert que le précédent propriétaire de leur maison a été assassiné. Par qui ? Pourquoi ? Cet assassinat a-t-il un rapport avec le sabotage de la fusée Ariane qui vient d’exploser ? 

Collection Le Masque : 
George Baxt, Par élimination
L’héritage du millionnaire Andrew Graymoor échoira au dernier survivant de ses dix enfants adoptés. Le compte à rebours peut commencer… 

John Dickson Carr, Meurtre après la pluie
Un homme étranglé sur un court de tennis, une demi-heure après un violent orage. Et sur le sol détrempé, aucune autre trace que celles de la victime… 

Agatha Christie, Le crime de l’Orient-Express
Un wagon de l’Orient-Express bloqué par les neiges, et dans un compartiment, un Américain lardé de douze coups de couteau. 

Agatha Christie, La fête du potiron 
Au cours des réjouissances de Halloween, une fillette bavarde et menteuse s’est vantée publiquement d’avoir assisté à un meurtre des années plus tôt. Ce n’était guère prudent… Elle a été assassinée. Poirot enquête… 

Ruth Rendell, La danse de Salomé
Patrick Selby est mort d’un arrêt du cœur consécutif à des piqûres de guêpes. Mais les gens parlent, parlent… Et le Dr Greenleaf, qui a donné le permis d’inhumer, commence à se poser des questions… 

Le mobile

Les mobiles des crimes sont toujours un peu les mêmes. Choisissez-en un parmi ceux-ci et développez-le : 
• argent (capter un héritage ; bénéficier d’une assurance vie ; s’approprier un billet de loto gagnant, etc), vol (d’un tableau, d’un bijou, d’un timbre de collection, des actions d’une mine d’or, d’un manuscrit miraculeusement retrouvé, des plans d’une nouvelle fusée, etc) 
• amour, jalousie (toutes les situations du crime passionnel) 
• ambition (pour obtenir un poste de dirigeant dans une société quelconque…) 
• mauvaise conscience (faire taire un maître chanteur ou un témoin gênant) 
• vengeance… 

Le brouillage des pistes

Déterminez la manière dont le coupable a brouillé les pistes pour éviter d’être accusé : 
• alibi bien préparé (préciser : lieux, heures, témoins) 
• meurtre déguisé en suicide ou en accident 
• disparition du cadavre (de l’hôpital, de la morgue…) 
• déguisement de l’assassin (perruque, postiche, imperméable, hauts talons, etc) 
• faux indices : pièces à conviction qui accusent quelqu’un d’autre 
• détails mystérieux et insolites : cadavre caché dans un étui de contrebasse, étranglée de six bas de tailles et de couleurs différentes, victime aux pieds bandés, etc. 
• effacement ou trucage des empreintes 
• arme du crime inattendue et diabolique (coups de téléphone affolants, piqûre de guêpe déclenchant une allergie mortelle, poison dans le gâteau de mariage, etc.) 
•… sans oublier le traditionnel meurtre en lieu clos : chambre fermée de l’intérieur, bateau en pleine mer, chalet de montagne isolé par la neige 

Les indices et les preuves

Des indices doivent trahir le coupable et amener le détective à la vérité : des indices matériels, une phrase prononcée, deux témoignages qui ne concordent pas, un testament truqué, la copie d’un acte d’état civil… 
Les preuves, qui vont confondre le coupable et servir au procès, peuvent être de différents ordres : journaux anciens, décalage horaire, ticket d’autoroute, film de caméra de surveillance, empreinte digitale, test scientifique… 

La narration de l’histoire 

Le plus simple est d’écrire votre nouvelle à la troisième personne : le récit se raconte de lui-même et le narrateur n’apparaît pas. Dans ce cas, personne ne dit JE en dehors des dialogues, et vous-même, témoin ou enquêteur, enquêtrice, n’apparaissez pas dans l’histoire. 
Dans les récits classiques, l’histoire de l’enquête est souvent racontée par un ami du détective qui observe, note, et… ne comprend rien : c’est le personnage auquel le lecteur s’identifie. De la même manière, vous pouvez écrire votre récit à la première personne, en faisant raconter l’histoire par un (e) journaliste témoin. Vous pouvez également, dans ce cas, apparaître dans l’histoire, en tant que témoin, ou ami (e) de l’enquêteur. 
Il n’est pas conseillé d’être à la fois le détective et le narrateur de l’histoire : en effet, dans ce cas, il est très difficile de ne pas révéler trop vite la solution ! 

Voici un exemple, tiré d’une nouvelle d’Agatha Christie. Vous pourrez comparer l’exposé du mystère, au tout début de la nouvelle, et la solution qui, à la dernière page, y répond exactement : 

1. Le mystère 
LA TRAGÉDIE DE MARDSON MANOR 

J’avais été appelé hors de la capitale durant quelques jours et, à mon retour, je trouvai Poirot occupé à boucler sa petite valise. 
— A la bonne heure, Hastings, je craignais que vous ne soyez pas revenu à temps pour m’accompagner. 
— On vous a donc appelé à l’aide quelque part ? 
— Oui, bien que je doive admettre, d’après les apparences, que l’affaire ne semble pas passionnante. La compagnie d’assurances, L’Union de l’Ouest, m’a demandé d’enquêter sur la mort d’un certain Maltravers qui avait contracté chez eux, quelques semaines plus tôt, une assurance sur la vie pour la belle somme de cinquante mille livres ! 
— Vraiment ? m’exclamai-je intéressé. 
— Il y avait, bien sûr, la clause habituelle soulignant l’éventualité d’un suicide. Dans le cas où le client se serait tué volontairement au cours de la première année, l’assurance aurait été annulée. Mr. Maltravers a été dûment examiné par le médecin de la compagnie et, bien qu’il soit un homme ayant légèrement dépasse le bel âge, il fut reconnu comme jouissant d’une santé robuste. Quoi qu’il en soit, mercredi dernier, c’est-à-dire avant-hier, le corps de Maltravers a été trouvé sur le terrain de sa propriété en Essex, Mardson Manor, et la cause de sa mort serait une sorte d’hémorragie interne. Ce fait, par lui même, n’aurait rien de singulier, mais de sinistres rumeurs se rapportant aux difficultés financières de Maltravers traînaient dans l’air depuis peu et l’Union de l’Ouest a découvert, sans doute possible, que le gentleman en question était à deux doigts de la faillite. Cela change considérablement les choses. De plus, il avait une femme jeune et belle. On soupçonne qu’il aurait pu ramasser tout l’argent liquide dont il disposait pour payer l’assurance-vie dont son épouse bénéficierait et qu’ensuite, il se serait suicidé ! Une telle histoire n’a rien d’exceptionnel. En tout cas, mon ami, Alfred Wright, qui est un des directeurs de l’Union de l’Ouest, m’a demandé de découvrir la vérité sur cette affaire, mais, comme je vous l’ai dit, je n’ai pas grand espoir de réussir. Si sa mort avait été causée par un arrêt du cœur, je serais plus optimiste. C’est là un verdict qui peut toujours passer pour un aveu d’incapacité du médecin local, ignorant la véritable cause du décès de son malade. Mais, quand il y a hémorragie, aucune erreur n’est possible. Cependant, tout ce que nous pouvons faire est de chercher des renseignements utiles. Cinq minutes pour boucler votre bagage, Hastings, et nous prendrons un taxi pour gagner la gare. 

2. La solution
J’avouai : 
— Même à présent, je ne réalise pas très bien ce crime et son exécution ! 
— Commençons par le commencement. Nous avons une jeune femme clairvoyante et calculatrice qui, connaissant la débâcle financière de son mari et lasse d’un compagnon vieillissant qu’elle n’avait épousé que pour son argent, pousse ce dernier à contracter une importante assurance sur la vie en sa faveur. Ceci fait, elle cherche le moyen d’accomplir son dessein. La chance le lui offre ! L’étrange aventure racontée par le jeune officier ! L’après-midi suivant, lorsque Monsieur le Capitaine est en haute mer, comme elle le pense, elle et son mari flânent sur les pelouses et j’imagine leur dialogue : « Quelle bizarre histoire Black nous a racontée, hier soir au souper, observe-t-elle. Un homme peut-il vraiment se suicider de cette façon ? Montrez-moi si c’est possible ? ». Le pauvre fou lui montre, il place l’extrémité du fusil dans sa bouche. Elle se baisse et pose la main sur la gâchette, riant en levant les yeux sur lui : « Et maintenant, monsieur, conclut-elle friponne, supposons que je presse la gâchette ? ». Et alors… Et alors, Hastings… Elle la presse ! 

Agatha Christie, La tragédie de Mardson Manor, in Les enquêtes d’Hercule Poirot, © Librairie des Champs Élysées, 1968. 


Étape 2 : Vérifier la présence des éléments indispensables à l’intrigue

Petite liste pour vérifier la construction de votre énigme : 

• Qui est la victime ? 
• Où, quand, comment et par qui a-t-elle été trouvée ? 
• Par qui l’intrigue est-elle racontée ? 
• Quels sont les indices ? 
• Qui est coupable ? 
• Qui est d’abord suspecté (e) ? 
• Pourquoi ? 
• Comment le coupable s’y est-il pris ? 
• Comment le coupable a-t-il dissimulé son crime ? 
• Par quelles preuves le coupable est-il démasqué ? 

Étape 3 : Rédigez un résumé de l’intrigue 

Rédigez votre projet d’intrigue sous forme de fait-divers et en vous inspirant du fait-divers suivant. Vous présenterez la fausse piste que vous aurez inventée en l’introduisant dans votre texte, par exemple, par la phrase suivante : « On a d’abord soupçonné M. X. (ou Mme Y.) qui avait… Il a été arrêté puis relâché, parce que… » 

Étape 4 : Présenter oralement son texte à la classe 

En présentant oralement votre texte à l’ensemble des camarades de la classe, vous pourrez vérifier si votre intrigue est cohérente, si elle est assez complète pour être comprise. 
Servez-vous du questionnaire de l’étape 2 pour apporter, à votre tour, des conseils à vos camarades, pour leur faire des suggestions éventuelles au cas où leur histoire vous paraîtrait trop compliquée ou peu originale. 

Étape 5 : Créer des personnages 

Vous voici parvenus à une étape bien plaisante : il s’agit ici de créer les caractéristiques de vos principaux personnages : la victime, le coupable, l’autre suspect, et surtout votre personnage principal : le détective. 
Utilisez une fiche bristol. Vous pourrez l’orner d’un dessin ou d’une photo découpée dans un magazine, Ceci vous aidera pour décrire votre personnage. 
Voici un modèle de fiche qui vous aidera à inventer. Bien entendu, tous les détails qui figureront sur la fiche ne seront pas tous repris dans votre texte, mais ils vous aideront à imaginer vos personnages. 



Fiche pour créer un personnage

Nom/Prénom/Surnom :

Portrait physique
1. Sexe : 
2. Âge : 
3. Taille et poids : 
4. Visage (couleur des cheveux, yeux, peau, nez…) : 
5. Silhouette : 
6. Apparence (soigné/sale, beau/laid) : 
7. Signes particuliers (cicatrices, tics…) : 
8. Maladies : 
9. Vêtements habituels : 
10. Accessoires habituels (pipe, bijoux, lunettes…) : 

Situation familiale et sociale

1. Classe sociale (modeste, moyenne, haute) : 
2. Métier/fonction (travail, horaire, salaire) : 
3. Éducation (durée, écoles, matières favorites ou pas, culture…) : 
4. Vie familiale (parents vivants ? séparés ? divorcés ? orphelin ? Leur mentalité, 
leur cadre de vie, leurs habitudes/qualités/défauts) : 
5. Valeurs morales (honnêteté, honneur, courage, patience, respect, tolérance ou le contraire…) : 
6. Situation familiale (célibataire, marié, divorcé…) : 
7. Nationalité : 
8. Place sociale : effacée ou forte (clubs, associations…) : 
9. Activités de loisirs : lectures, journaux, sports, bricolage… : 

Portrait psychologique 
1. Caractère (nerveux, apathique, sentimental, rêveur, coléreux…) 
2. Attitude face à la vie (actif, militant, suiveur, résigné, désillusionné…) : 
3. Complexes personnels (peurs, superstitions, obsessions…) : 
4. Niveau d’intelligence : 
5. Capacités particulières (maths, littérature, cinéma, informatique…) : 
6. Relations avec les autres (extraverti, introverti…) : 
7. Qualités (imagination, logique, intuition…) : 

Vérifier que tous ces éléments sont cohérents entre eux. En modifier certains au besoin. 

Voici un modèle de fiche remplie pour un célèbre personnage d’enquêteur :

la rédaction vous remercie

I) Comment vous faire aimer les rédactions !

Le plus souvent je ne compte que sur moi-même en me disant : "pourvu que ça plaise à la prof" parce que les rédactions en français c'est un travail assez particulier car il ne s'agira jamais de réciter tout une leçon par coeur, non, dans une rédaction style collège, c'est vous l'écrivain. C'est à vous de mener l'histoire, de faire vivre des personnages, c'est tout autre chose que de calculer les trois quarts de fruit des 5 pommiers dans le verger qui fait 70 m2 non ?  Il n'y a rien de plus fabuleux que de mener son trvail par soi-même, autrement dit que quand vous serez noté sur votre rédaction (c'est sûr, il y a des notes qui peuvent vous decevoir ...) mais on est noté sur notre propre immagination ! On est pas noté pour savoir si on a bien appris sa leçon. C'est déjà mieux qu'un controle d'éducation civique non ?

II) Les aventures de Mlle framboise et ses rédactions

Il m'est déjà arrivé qu'un sujet ne m'inspire pas beaucoup. Dès fois on avait la possibilité de choisir entre 2 sujets ! Je ne savais pas du tout le quel choisir ... Une camarade de classe a demandé conseil à la prof parce qu'on était vraiment incapables de choisir l'un ou l'autre ...   Sujet 1 ? Sujet 2 ? Telle était la question !      
La professeur nous a dit que elle elle aimait bien le sujet 2 ... Il faut dire qu'on lui a tiré les vers du nez car un prof ne dit pas son opinion comme ça normalement !  Alors qu'est-ce que j'ai fait ? J'ai pris le sujet 2 ! Parce que la question perpétuelle lorsqu'on écrit une rédaction je le rappelle, c'est "est-ce que ça va plaire à la prof ? Oui ou non ?" !Vu que j'étais toujours pas inspirée plus, j'ai décidé d'écrire un truc quand même ... Et je m'en suis sorti avec un 18/20. Jamais vu ça, un 18 en rédaction ?! Pourquoi j'ai eu cette note ? Pour mes descriptions ! Bin oui comme je n'avais pas d'idées je n'ais pas fait vivre à mon personnage des tonnes d'aventures mais j'ai utilisé beaucoup de descriptions, et ça a plus à la prof !
Bien joué ! 

III) Quelques conseils pratiques au niveau description :

Pourquoi pas empreinter des phrases de Maupassant ?
"Le ciel était lamé d'argent" ... Je l'aime bien cette phrase.

Et par exemple, pour décrire un village à une époque du XVII ème ...
"Dans le village, l'animation battait son plein, les paysannes plumaient des volatiles, on entendait les cris des cochaons et des poules de basse-cour mêlés à ceux des enfants qui jouaient, et les fermiers qui partaient aux champs, leur fourche sur l'épaule et leur faucile à la ceinture."

Pour éviter un dialogue, le remplacer par une pensée :
"Il les avait quittés parce qu'ils ne l'avaient pas vendu" et :
"Cette phrase résonnait dans sa tête comme un tambour qui l'assomme."


IV) Faire un bon récit qui tient debout

1 : Déjà il vaut mieux écrire un récit qui pourrait réellement se passer dans la vie. Donc pas de SF.
2: Pas trop de personnages ! Maximum 5 ou 6 personnages (principaux)
3: Attention de ne pas faire des phrases trop longues.
4: Surtout pas de répétitions ... Attention !!!
5: Utiliser les idées qu'on a et ne pas trop les mélangées. Il vaut mieux en avoir UNE SEULE qui tient debout !
6: Niveau présentation : Ne pas oublier les alineas, faire des paragrpahes, et une marge si cela est demandé.

V) Comment départager le récit en paragrpahes ?

Par exemple, à chaque fois qu'on change de scène. Que c'est un autre personnage qui n'est pas présent dans la scène précedent qui apparait ... Un changement soudain de l'action, de lieu ou même d'époque.

VI) On peut se servir d'une ellipse narrative

On peut se servir d'une ellipse narrative en sautant des mois, voire des années, en résumant, en sautant les actions inintéressantes et en ne retenant que les temps forts de l'histoire.

VII) Et pour finir ...

Si on peut se servir d'un dico, il faut en profiter 

exercice de style

LE BUT DE LA REDACTION  
La rédaction est un exercice de style assez complexe pour les non-initiés qui révèle le candidat quand à sa faculté d'analyser un problème et d'en poser le pour et le contre. Le gendarme est un militaire aux ordres de ses supérieurs hiérarchiques mais il est souvent seul face à une enquête. Il devra rendre compte aux responsables judiciaires pour lequel il travaille. (Procureur ou juge d'instruction). On ne peut pas se permettre d'avoir des gendarmes qui transmettent des dossiers pleins de fautes et mal rédigés. 

Au même titre que la dictée, la rédaction est une des épreuves phares à ne pas rater. Enfin, vous retrouverez la rédaction à l'examen de l'officier de police judiciaire en fois passé de carrière avec cette fois-ci un sujet sur le judiciaire. (Autant s'y mettre maintenant ;-) 
 

CE QU'IL FAUT FAIRE ET NE PAS FAIRE  
Comment faire face au sujet ? 

---Ce qu'il ne faut pas faire : Surtout, pas de panique ! Paniquer devant le sujet, c'est bloquer toute réflexion, c'est se jeter sur sa copie en écrivant tout ce qui a été vu en cours, sans répondre au sujet. C'est se lancer dans un discours sans cohérence. Conséquence : hors-sujet, et l'assurance de ne pas dépasser 2 sur 10. 

De même, il faut absolument éviter de se lancer de suite dans la rédaction sans avoir au préalable réfléchi au sujet. 
 

CE QU'IL FAUT FAIRE  

---Ce qu'il faut faire :

Avant tout il faut comprendre pourquoi la rédaction fait partie de l'épreuve gendarmerie 

Lors de l'épreuve de la rédaction vous devrez démontrer vos qualités rédactionnelles, les richesses de votre vocabulaire, votre qualité d'analyse et de synthèse d'un sujet ou d'un problème. Vous mettrez votre devoir en valeur en organisant vos idées de façon ordonnées (en plusieurs parties et sous parties) et surtout une transition soignée entre celles-ci. Vous devez également de la façon la plus habile, introduire et conclure votre sujet. 

Concernant le vocabulaire, éviter les mots dont vous ne maîtrisez pas le sens. Si les mots vous manquent, restez simple mais de grâce, évitez les répétitions. 

N'hésitez pas à employer des mots de liaison (c'est pourquoi, néanmoins, désormais, finalement...) afin de lier vos idées qui doivent s'enchaîner de façon limpide. Il est donc important de mettre à plat vos idées dans un premier temps et de les réunir par ordre d'idée et surtout de trouver un enchaînement entre elles. 

 



1 --- Lecture du sujet : Tout d'abord, relis le sujet plusieurs fois pour bien t'en imprégner puis souligne ou surligne les termes importants du sujet . 

Ex. : Sujet : " A l'aide de vos connaissances et des documents fournis, vous expliquerez dans un paragraphe d'une vingtaine de lignes pourquoi la première guerre mondiale est une guerre totale et industrielle. " 

Je souligne maintenant les termes importants du sujet : 

"  la première guerre mondiale , pourquoi , guerre totale , guerre industrielle . " 

Ici comme souvent, tous les termes sont importants  : tu vas devoir maintenant expliquer ce qui se cache derrière ces termes. 

2 --- Chercher les grandes idées au brouillon : Ensuite vient le moment de trouver les grandes idées que tu vas exposer dans le paragraphe : pour cela, fais un brouillon . 

C'est indispensable ! Beaucoup de candidats commencent à rédiger directement sur leur copie pour se rendre compte une heure plus tard qu'ils ont oublié la moitié des idées ou pire, qu'ils sont hors-sujet faute d'avoir suffisamment réfléchi au début ! 

Sur ce brouillon, tu recopies les mots importants du sujet  : ici : " Première guerre mondiale ", " guerre totale ", " guerre industrielle ". 

Puis tu cherches les idées que tu notes en abrégé en utilisant ce qui a été vu en cours mais aussi les documents, en te posant des questions  : 

3 --- Organiser les idées : Lorsque toutes tes idées sont notées en abrégé sur ton brouillon, il ne te restes plus qu'à les organiser , à les grouper de la façon la plus logique possible. 

Tu verras ainsi que se dégage un plan , c'est-à-dire le résumé ordonné des grandes idées que tu vas développer (souvent, le sujet t'invite à suivre un plan), chaque partie étant une partie de la réponse au sujet . 

Avantages  : toutes tes idées sont sous tes yeux donc pas de panique pour savoir ce que tu vas écrire : tu sais où tu vas ; tu peux ainsi vérifier que toutes tes idées sont bien reliées au sujet (donc pas de hors-sujet) et que tu ne répètes pas plusieurs fois la même idée dans ton devoir. 

Il ne te restes plus qu'à rédiger, c'est-à-dire à relier par des mots toutes les idées que tu as écrites sur ton brouillon. 

Rédiger : 
Tout d'abord, présente le sujet par une courte introduction  : tu présentes le contexte du sujet (par exemple, pour le sujet cité plus haut, tu signales que l'Europe sort en 1918 (armistice du 11 novembre) d'une guerre effroyable (10 millions de morts), la pire qu'ait connue jusque là l'humanité, et en présentant en une phrase l'affrontement violent entre plusieurs coalitions de pays, dont la France et l'Allemagne notamment) puis tu rappelles le sujet posé (" Devant un conflit si destructeur, on peut se demander pourquoi on dit que cette guerre est une guerre totale et industrielle  "). Le correcteur est rassuré : il voit que tu as compris quel est le sujet. 

Puis tu rédiges, en présentant clairement tes idées. Attention : Chaque grande idée évoquée doit être justifiée par un exemple. 

Pour le sujet cité plus haut, quand tu parles de la guerre totale, cite des exemples concrets, comme par exemple le chiffre de 8 millions de soldats mobilisés en France, ou bien l'histoire des trous blancs voire des pages blanches dans les journaux parce que le gouvernement avait censuré un ou plusieurs articles ; pour la guerre industrielle, cite l'exemple de Louis Renault qui transforme ses usines pour les adapter aux besoins de la guerre. 

Ces exemples donnent de la consistance à ton devoir et montrent au correcteur que tu sais de quoi tu parles. 

Prenez le temps de faire une petite phrase ou deux de transition pour ne pas sauter du coq à l'âne.

Enfin, achèves ton devoir par une courte conclusion :  tu rappelles les grandes idées développées, tu réponds au problème posé par le sujet et tu ouvres sur un sujet plus vaste. 

A EVITER ABSOLUMENT : Répéter plusieurs fois la même idée; Mélanger les idées entre elles sans les classer (ex. : mélanger les idées concernant la guerre totale et celles concernant la guerre industrielle)  ; Oublier les exemples ; Etre hors sujet ; Etre trop long (plus de 30 lignes) ou trop court (moins de 15 lignes). 

Pour la présentation : Ecris lisiblement et proprement (ce sera le cas grâce au brouillon qui permet d'éviter les ratures qui énervent le correcteur). Tout le devoir doit être rédigé, donc pas de langage abrégé ou d'énumérations (avec tirets). Attention à l'orthographe et aux accords grammaticaux  : prends une ou deux minutes à la fin de l'épreuve pour te relire. Evite absolument les expressions familières ou les considérations personnelles  : les correcteurs sont très sensibles à la qualité et à la correction du langage. 

Enfin, aère la présentation du devoir en sautant une ligne entre chaque partie du devoir  : cela rend ton devoir beaucoup plus clair.
 

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